Une Française résidente en Espagne depuis 1965, professeur de français retraitée du Lycée Français de Madrid où elle a fait toute sa carrière. Née à Rouen en 1939. Sa mère, morte à 24 ans dans les bombardements allemands en juin 40 laissait deux jumelles de neuf mois.
Elle a fait ses études supérieures à Paris à la Sorbonne. Elle est ancienne élève des IPES de Paris et de l’Institut des Professeurs de Français à l’Étranger.
Le Violon de maman

Le Violon de maman, son premier livre autobiographique est le récit d’une enfance marquée par la guerre et la perte d’une mère de vingt-quatre ans, première victime civile de Rouen en juin 40 qui laissait deux jumelles de neuf mois. Le deuil incompréhensible, les restrictions, les alertes, les bombardements mais aussi la joie de vivre retrouvée peu à peu auprès d’une famille aimante. Après cette première partie à Rouen, le livre raconte la découverte de la nature à Conteville, l’expérience de la pension à Forges-Les-Eaux puis le plaisir des études dans l’internat le plus moderne de France à l’époque : la Cité Scolaire d’Amiens où de jeunes agrégés de Normale Sup venaient faire leurs premiers pas comme professeurs. Et comme ligne directrice, le violon perdu de la maman.
Critique littéraire :
De ce livre, le grand écrivain et narratologue, Gérard Genette a écrit :
« Il est traversé d’un bout à l’autre par la cruauté de son début ».
Cette année ce sera le 70ème anniversaire des bombardements de Rouen, l’auteur considère son livre comme un devoir de mémoire et serait heureuse que les Rouennais mais aussi les Normands et les Picards du monde en aient connaissance.
Papiers d’automne
Marie-Thérèse de la Fuente vient de publier son deuxième livre : Papiers d’automne. Il s’agit d’une sorte d’autofiction qui retrace le vécu d’une retraitée française en Espagne. Ainsi sont abordés, au cours du livre, des thèmes aussi variés que la retraite, ses joies et ses frustrations, les loisirs, les arts, les voyages (sur la péninsule : La Toja, Victoria, Segovia, Grenade, Burgos, Pampelune mais aussi Venise, l’Ukraine et Tchernobyl), le sport (le ski, Zidane), les livres, le couple, la maladie, le temps…Mais le plus important est sans doute l’écriture comme nécessité vitale.
Critique littéraire :
De ce livre le critique littéraire Henri Godard connu pour ses livres sur Céline, Malraux, Giono etc… a écrit qu’il l’a lu « d’un bout à l’autre avec intérêt », qu’il est « habilement composé, en particulier du fait de cette alternance de deux discours qui le charpente, et bien écrit ». Tout ce qui est dit « du rapport au corps, au couple, aux petits enfants, au travail et à l’obligation faite à beaucoup de renoncer à lui, et sur d’autres sujets touche juste (sur ce dernier point, la récurrence des évocations concernant Éva, son mari, la vieille dame de Ségovie ou Juan est pour l’ensemble du texte un facteur d’unité – en même temps, les pages consacrées à Juan ont l’autonomie d’une petite nouvelle) ».
« L’originalité est dans le retour obsédant de l’attestation d’un besoin d’écrire et dans les réflexions qui s’ensuivent. Au fil du texte, sans système, (l’auteur) passe en revue beaucoup de ses motivations possibles, qui vont du désir impérieux de donner, grâce aux mots, une existence plus pleine et plus durable à certaines émotions ou sensations jusque à l’aspiration à être lue, elle-même complexe et faite de désirs qui ne sont pas tous du même niveau. Quiconque écrit ne peut éviter de se demander pourquoi il écrit » L’auteure « a raison de faire de toutes les formes que prend pour (elle) ce besoin d’écrire le centre de gravité de (son) livre ». Et il ajoute qu’ « un des moments forts de (sa) lecture a été le passage où (elle) parl(e) du retour des oiseaux dans la terre morte de Tchernobyl, à ce moment (elle) fait lever dans l’esprit le souvenir de l’après-Déluge dans la Genèse ».
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